Le président iranien Massoud Pezeshkian affirme que les États-Unis et le régime israélien tentent de mener des projets de division et de semer la méfiance afin de dresser les pays musulmans les uns contre les autres.
Lors d’une rencontre dimanche 17 mai à Téhéran avec le ministre pakistanais de l'Intérieur, Mohsin Naqvi, Pezeshkian a déclaré que la politique étrangère de l'Iran repose sur le développement de relations amicales avec les pays voisins, en particulier les États riverains du golfe Persique.
Téhéran souhaite, a-t-il affirmé, entretenir des « relations cordiales, stables et durables avec les pays musulmans de la région sur la base du bon voisinage ». Mais, a-t-il ajouté, Washington et Tel-Aviv cherchent depuis longtemps « à compromettre cette dynamique en menant des projets de division et en semant la méfiance, opposent les pays musulmans les uns aux autres ».
Pezeshkian a par ailleurs salué le rôle du Pakistan dans la médiation de l’accord de cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis, quarante jours après le déclenchement de la guerre d’agression américano-israélienne contre la République islamique d’Iran. Il a exprimé l’espoir que ces efforts diplomatiques contribueront à renforcer la paix, la stabilité et une sécurité durable dans la région.
Le président iranien a qualifié de « crime grave en violation de toutes les normes humaines, juridiques et internationales », l'agression militaire américano-israélienne du 28 février qui a entrainé le martyre du Leader de la Révolution islamique, l'Ayatollah Seyyed Ali Khamenei et, de plusieurs commandants de haut rang, de ministres, d'étudiants innocents et de citoyens. Selon lui, ces actes ne peuvent être acceptés par aucune conscience éveillée et libre au monde.
Évoquant les objectifs de cette agression, Pezeshkian a estimé que Washington et Tel-Aviv cherchaient avant tout à provoquer une instabilité interne et à affaiblir, voire renverser, l’ordre islamique en Iran. Cependant, a-t-il souligné, ils n’avaient pas prévu que la grande, noble et consciente nation iranienne se tiendrait aux côtés de l'ordre établi.
Il a également noté que les États-Unis et Israël menaient des actions organisées visant à introduire des éléments terroristes armés depuis les frontières nord-ouest et sud-est de l'Iran.
« Les ennemis ont tenté de transférer l'insécurité en Iran en fournissant un soutien financier, des renseignements et un appui militaire à des groupes terroristes, mais la coopération et le sens de responsabilité dont ont fait preuve les voisins de l'Iran pour empêcher toute utilisation abusive de leur territoire contre la RII constituent une initiative précieuse et louable », a ajouté le président iranien.
Il a remercié le Pakistan, l'Afghanistan et l'Irak de ne pas avoir permis que leur territoire soit utilisé pour des actions contre l'Iran.
L’agression américano-israélienne contre l’Iran, qui a débuté le 28 février par des frappes aériennes entrainant le martyre de plusieurs hauts responsables et commandants iraniens, a entraîné les opérations de représailles iraniennes durant lesquelles, les forces armées du pays ont lancé quotidiennement une vaste campagne de missiles et de drones visant des positions israéliennes dans les territoires occupés ainsi que des bases et installations militaires américaines dans la région.
L’Iran a également riposté en bloquant le détroit d’Ormuz, une mesure qui a provoqué une forte hausse des prix du pétrole.
Quarante jours après le début de la guerre, un cessez-le-feu temporaire négocié par le Pakistan entre l’Iran et les États-Unis est entré en vigueur le 8 avril.
Ailleurs dans ses remarques, Massoud Pezeshkian a salué les efforts du Pakistan pour faciliter le commerce frontalier et renforcer la coopération économique entre les deux pays, affirmant que Téhéran et Islamabad pouvaient encore développer la tendance croissante des liens économiques et commerciaux.
« Malgré toutes les pertes et les coûts engendrés par la guerre, ces événements ont rapproché l’Iran et le Pakistan, et une occasion propice se présente actuellement pour rehausser le niveau des relations bilatérales dans les domaines économique, scientifique, culturel et régional », a-t-il ajouté.
Le président iranien a affirmé qu’une telle coopération pourrait contribuer à consolider la paix, réduire les tensions et favoriser des interactions constructives entre les nations de la région. Selon lui, la poursuite et l'approfondissement de la coopération bilatérale seraient conformes aux intérêts communs des deux nations et du monde musulman.
Dans ce contexte, Pezeshkian a appelé les pays musulmans à renforcer leur unité et leur convergence en s’appuyant sur leurs valeurs religieuses, culturelles et stratégiques communes. Une telle solidarité, a-t-il estimé, permettrait de réduire les risques d’ingérence et d’agression de la part de puissances extrarégionales et du régime israélien.
« Les principaux pays du monde musulman doivent renforcer leur coopération et leurs interactions régionales afin de contribuer à instaurer une paix, une sécurité et une stabilité durables dans la région, car, grâce à l’unité et à la convergence islamiques, le régime sioniste n’osera jamais attaquer ni violer la souveraineté des pays musulmans », a déclaré Pezeshkian.
Pour sa part, le ministre pakistanais a souligné les efforts d'Islamabad pour contribuer à réduire les tensions et a déclaré que les véritables dimensions des développements régionaux et le rôle de différents acteurs étaient désormais apparus clairement à l'opinion publique.
Naqvi a également rappelé que l’Iran et le Pakistan entretiennent des relations étroites et fraternelles et s’emploient à renforcer davantage leurs liens mutuels. Il a exprimé l'espoir que le niveau des relations bilatérales et de la coopération continuerit de se développer grâce à la volonté des responsables des deux pays.
Le ministre pakistanais est arrivé samedi à Téhéran pour une visite inopinée de deux jours. À son arrivée, il a rencontré le ministre iranien de l’Intérieur, Eskandar Momeni, avant de s’entretenir dimanche avec le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf et le président Massoud Pezeshkian.